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Test : Comment savoir si je suis Amish.. euh Low-tech ?

À l’heure où la guerre des idées bat son plein afin de déterminer quel va être le monde d’après, il est parfois difficile de savoir dans quel camp on se trouve lorsque l’on est au milieu du champ de bataille, technoptimiste, maya l’abeille, Low-tech heureux comme l’homme ci-dessus, ou bien encore âge des cavernes ? Pour t’aider à te situer, voici un test en dix questions. Alors sois curieux(se) et juge par toi-même !

La pollution générée par la mobilité motorisée devient ingérable, tant au niveau mondial (consommation de pétrole, émissions de CO2 etc.) qu’au niveau local (oxydes d’azote, particules fines, etc.)

  • A. La voiture autonome va régler tout ça. En optimisant les parcours, la conduite, le taux d’utilisation et de remplissage, fini les embouteillages et la pollution ! Plus de galère à chercher la place de parking, moins de véhicules à produire, et d’ailleurs les routes fourniront de l’énergie photovoltaïque 100 % verte.
  • B. Tu n’utilises jamais de voiture. D’ailleurs, tes besoins de déplacement sont modestes et tu as la chance de pouvoir t’approvisionner à quelques kilomètres de chez toi.
  • C. Tu as investi dans un véhicule hybride. Car tu es très sensible à la pollution générée, et tu passeras au 100 % électrique dès que le gouvernement aura déployé suffisamment de bornes de recharge. Vivement 2030 !
  • D. Et si l’on enfourchait un vélo plus souvent ? Même si les voitures sont de plus en plus efficaces, elles sont toujours plus lourdes… et nous sommes probablement mal partis si toute la planète adopte notre modèle de mobilité.

La dépense énergétique dans le bâtiment est un grand enjeu de la lutte contre le changement climatique

  • A. On construit désormais des bâtiments de faible bilan carbone et à énergie positive. Les progrès sont incroyables dans les nanomatériaux, les vitrages faiblement émissifs, la gestion électronique de la consommation… et l’arrivée des compteurs intelligents dans les foyers va permettre d’optimiser le système. Grâce aux énergies renouvelables décentralisées, nous serons demain tous producteurs et consommateurs.
  • B. L’habitat traditionnel avait déjà tout inventé (inertie thermique, petites ouvertures, ventilation naturelle, constructions mitoyennes…). Pas de quoi s’extasier sur les nouvelles technologies de construction…
  • C. Tes résidences principale et secondaire sont équipées du dernier cri en matière d’efficacité énergétique. Panneaux solaires, pompe à chaleur, triples vitrages, double-flux, chaudière à condensation… En hiver, il fait 23°C dans la maison (c’est nécessaire car tu as de jeunes enfants) avec à peine 50 kWh par an et par m2. Label A++ !
  • D. Peut-être pourrait-on baisser un peu la température de consigne et enfiler un pull-over… Un grand programme de rénovation thermique dans le bâtiment est nécessaire, mais au rythme actuel il faudra plus d’un siècle.

Le système agricole semble être à bout de souffle. Pourtant il y aurait tant à faire…

  • A. Nous n’avons pas pris assez vite le virage de la mondialisation. Pour résister à la compétition, il faut jouer sur l’effet d’échelle et agrandir les exploitations. Aujourd’hui, robots de traite, drones de surveillance des cultures, big data permettent de réduire les coûts et d’optimiser les rendements… sans parler des OGM, indispensables pour éradiquer la faim dans le monde.
  • B. Avec l’autoproduction, au moins tu sais ce que tu manges. Le système est devenu trop complexe et on ne peut plus avoir confiance.
  • C. Tu n’achètes plus que bio – l’italien est meilleur que l’espagnol, dit-on – et tu réfléchis même à entrer dans une AMAP locale. Entre le minerai de cheval roumain et les pesticides dans les fruits et légumes, il y a de quoi devenir méfiant !
  • D. Et si l’on réfléchissait à de la polyculture-élevage de plus petite échelle, respectueuse du vivant ? On a fait les usines à cochons d’un côté, et le « désert » des grandes cultures de l’autre. À la clé, pollution aux nitrates, dépendance au phosphore minier, épuisement des sols, destruction de la biodiversité

Les nouvelles technologies (informatique, télécommunications) consomment beaucoup de ressources rares et d’énergie, et génèrent des déchets fort polluants

  • A. C’est le secteur où l’innovation est la plus efficace. Ce n’est donc qu’un mauvais moment à passer : par exemple les centres de données dépensent toujours moins d’énergie par unité de calcul ou de stockage. S’il y a tension sur les ressources, le prix augmentera et on recyclera mieux les déchets, en attendant les biomatériaux.
  • B. On s’en sortait très bien aussi sans tout cela. Personnellement tu survis sans portable.
  • C. Absolument, ces images d’enfants pieds nus dans des boues toxiques au Ghana ou en Chine sont révoltantes. Tu as d’ailleurs ton smartphone depuis plus de deux ans et demi – bien mieux que la durée moyenne de 18 mois –, et tu es inscrit en liste d’attente pour l’achat d’un Fairphone équitable.
  • D. Il faut réfléchir à notre usage dispendieux de la technologie. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, avons-nous besoin du temps réel et du sans-fil partout et tout le temps ? D’échanger toujours plus de vidéos et photos haute résolution ? De rester dans une course à la puissance entre logiciels et équipements ?

Mais l’économie numérique présente de formidables opportunités. Elle permet par exemple l’essor de l’économie du partage

  • A. Absolument ! Et ces nouveaux sites de partage sont aussi créateurs de valeur pour l’actionnaire. Aujourd’hui, on peut emprunter sa perceuse à son voisin – au lieu d’en avoir une chacun –, et pour une somme très modique, avec un simple clic sur son smartphone ! Génial, non ?
  • B. Tu utilises assez peu la perceuse. La décoration ce n’est pas vraiment votre truc…
  • C. Tout à fait ! Grâce à l’auto-partage et la location entre particuliers, nous avons fait de belles affaires pour nos escapades week-end et avons même économisé de quoi partir l’été prochain au Pérou avec une petite agence de tourisme équitable.
  • D. Dans l’économie du partage, tous les modèles ne se valent pascertains consistent à mieux utiliser nos objets, c’est intéressant. Mais d’autres consistent surtout à monétiser des choses qui ne l’étaient pas. Et gare à l’effet rebond !

On parle d’une nouvelle révolution, celle de l’internet des objets. Au printemps 2015 est sorti le premier bikini connecté – il vous prévient sur smartphone qu’il est temps de vous retourner – ou de vous étaler une nouvelle couche de crème protectrice – si vous voulez éviter les coups de soleil…

  • A. Ce n’est pas un gadget. Car on empêchera ainsi de nombreux cancers de la peau ! Toutes ces nouvelles applications permettront un monde meilleur, grâce à la prévention médicale et à la gestion des risques sanitaires par les big data. Google a même promis de faire reculer l’âge de la mort si on lui donne accès aux données de la Sécurité sociale
  • B. Un quoi ?
  • C. Il me semble que certains usages seraient plus utiles. Comme ces vieux téléphones portables qu’on peut poser sur les arbres de la forêt tropicale, et qui permettent d’alerter les gardes forestiers au moindre bruit de tronçonneuse alentour…
  • D. Mais où s’arrêtera la technologie ? Des chercheurs, inspirés par la « réalité virtuelle » des jeux vidéo travaillent à mettre au point un casque pour poulets : toujours élevés en batterie, ils percevront des informations leur faisant croire qu’ils sont en plein air dans le Gers. O tempora…

Quid de notre organisation industrielle ? Il paraît que des coquilles Saint-Jacques – et même des boyaux de porcs vides – font l’aller-retour entre la France et la Chine pour être nettoyés, avant d’être garnies de farce…

  • A. Bof, de toute manière, bientôt cette question deviendra secondaire. Avec les imprimantes 3D à steak, à base de cellules souches, terminés les problèmes environnementaux ou même la maltraitance des animaux !
  • B. Où ça ?
  • C. Effectivement il doit être compliqué d’assurer la traçabilité d’une telle chaîne logistique. Savez-vous si cela concerne aussi les saucisses barbecue bio ?
  • D. Oui, nous sommes peut-être allés un peu trop loin dans l’application des « avantages comparatifs »…

Certaines sociétés de la Silicon Valley ne cachent pas leur ambition de repousser l’âge de la mort, peut être jusqu’à atteindre l’immortalité…

  • A. Les progrès sont étonnants : interface homme-machine, thérapie génique, convergence nano-bio-technologies et sciences cognitives… Pas de doute, nous finirons par pouvoir télécharger le contenu de nos cerveaux sur ordinateur, et, comme le dit Joël de Rosnay, par « évoluer en complémentarité et en symbiose avec les machines numériques et l’intelligence artificielle ». Et si cela prend un peu plus de temps qu’annoncé, nous pourrons toujours nous faire cryogéniser puis nous faire dégeler au bon moment !
  • B. Je tombe rarement malade.
  • C. Ces « transhumanistes » font quand même un peu froid dans le dos. Mais il y a des applications intéressantes : grâce aux implants dans le cerveau, des aveugles vont voir à nouveau, des handicapés marcher avec un exosquelette… et je rêverais d’un implant qui permette de parler toutes les langues ; alors, la planète serait vraiment un village global !
  • D. Ne devrions-nous pas essayer d’apprivoiser la mort ? Mozart n’écrivait-il pas : « Je ne me mets jamais au lit sans me rappeler que peut-être (si jeune que je sois) le lendemain je ne serai plus et néanmoins personne, parmi tous ceux qui me connaissent, ne pourra dire que je manifeste la moindre humeur maussade ou triste »…W.A. Mozart, Lettre à son père du 4 avril 1787, Vienne

Tablettes et ordinateurs pour les élèves, cahiers de textes et relevés de notes en ligne, l’école se numérise à grands pas…

  • A. Aujourd’hui, les logiciels éducatifs, les ressources illimitées du numérique, l’adaptative learning permettent un enseignement personnalisé, adapté au rythme de chaque élève, tellement plus efficace et ludique. Le rôle des professeurs doit changer, ils doivent devenir des ingénieurs pédagogiques, des « catalyseurs d’intelligence collective » ! Il faut faire entrer les vieilles écoles de la République dans le XXIème siècle.
  • B. Ce qu’on adapte, c’est surtout le niveau des épreuves, à la baisse bien sûr. L’enseignement était plus efficace au temps des encriers et des règles en bois. Un peu de discipline ne ferait pas de mal.
  • C. C’est vrai que nos enfants connaissent des problèmes d’addiction, que le numérique peut créer un déficit d’attention, de concentration. Il faut donc faire preuve de discernement, en fonction de l’âge, des usages… mais c’est quand même formidable, ces logiciels de « dissection virtuelle » des pelotes de réjection. Et puis, comme il y a de moins en moins de chouettes (et de chauve-souris, de grenouilles, de papillons, etc.) c’est quand même pratique pour les profs de SVT…
  • D. Est-ce qu’on apprend mieux avec le numérique ? Les promesses « techno-pédagogiques » ne datent pas d’hier (lanternes magiques, cinéma, radio, télévision…) et n’ont jamais été tenues. Est-il bien raisonnable d’apprendre aux élèves de CM1 le « langage informatique » avec des cours de code alors qu’ils ne maîtrisent pas encore leur langue maternelle ? De focaliser sur le numérique au détriment du vivre-ensemble, des activités artistiques, de la nature ?

Le multi-entrepreneur Elon Musk, via son entreprise SpaceX, veut lancer un programme de colonisation de la planète Mars pour « sauver » l’humanité…

  • A. Naturellement, la conquête spatiale est l’avenir de l’humanité. Comme le disait le paléoanthropologue Yves Coppens en 1996, « cessons de peindre l’avenir en noir ! […] La génération qui arrive va apprendre […] à se promener dans les étoiles et à coloniser les planètes qui lui plairont. » Il y a des milliards d’exo-planètes habitables qui nous tendent les bras.
  • B. C’est un peu loin quand même, non ?
  • C. Ce type est génial ! Bien sûr, il est un peu mégalomane, et probablement tous ses projets ne se réaliseront pas. Mais il bouscule les codes établis, introduit des méthodes managériales innovantes, nous donne de l’espoir en repoussant les limites du réalisable, avec des voitures électriques qui font rêver, des batteries pour l’énergie solaire domestique, des transports ultra-rapides en Hyperloop. Et si la colonisation de Mars n’a finalement pas lieu, on pourra peut-être se servir de ses Big Fucking Rockets pour faire du tourisme spatial, ou relier New-York à Tokyo plus rapidement.
  • D. Avec quelle énergie et quels métaux irons-nous sur Mars ? On n’est pas près d’exploiter les ressources minières des astéroïdes… Nous pourrions plutôt consacrer nos énergies et nos connaissances à conserver des conditions de vie hospitalières sur notre bonne vieille planète. Il y a de belles idées à inventer, ici et maintenant.

Quel technodurable es-tu ?

Tu as une majorité de A : Tu es technodurable tendance « Valérian et la cité des mille planètes, technoptimiste »

Tu penses que la technologie a réponse à tout. Révolution(s) numérique(s), troisième révolution industrielle, « uberisation » de la société, ruptures technologiques, dernières percées scientifiques, rien de tout cela n’a de secret pour toi. Cela te rend très optimiste – on pourrait dire même « technoptimiste »pour le monde de demain… enfin, peut-être celui d’après-demain, car les promesses se font toujours un peu attendre, non ? Et es-tu bien sûr que tout cela va marcher ?


Tu as une majorité de B : Tu es technodurable tendance « Rahan, âge des cavernes »


Tu aimes les peaux de bêtes, et pas seulement devant la cheminée pour tes week-ends chasse en Sologne. Peut être même es-tu pour le retour à la bougie, voire l’âge des cavernes ? À moins que tu ne l’aies tout simplement jamais quitté ? Mais non, les low-tech ne sont pas affreusement rétrogrades et passéistes ! (Ironie) Met-toi au goût du jour : il est peut-être temps d’orienter notre innovation vers l’économie de ressources…

Tu as une majorité de C : Tu es technodurable tendance « Maya l’abeille »


Bravo, tu es un éco-consommac’teur informé et impliqué ! Tu es citoyen du village planétaire, our spaceship Earth, et tu ne manques jamais une e-pétition pour changer le monde en quelques clics. Dans une économie de marché, c’est aux clients de peser sur les fournisseurs pour faire évoluer le système. D’ailleurs, les initiatives fleurissent partout… Ah, si tout le monde était comme toi, la face du monde en serait changée… enfin, peut-être. À moins que notre modèle ne soit pas généralisable ?

Tu as une majorité de D : Bravo, tu es peut-être technodurable tendance « Low-tech »


Tiens, tu ne sembles pas enthousiasmé par les promesses technologiques. Les vendeurs de solutions miracles ne t’ont donc pas convaincu des formidables avancées environnementales que nous allons connaître dans les prochaines décennies ? Bref, tu es un peu dubitatif sur notre capacité collective à répondre aux enjeux planétaires dans les conditions actuelles, et il est difficile de te donner tort. Et si tu mettais ta lucidité au service de la démarche Low-tech ?

Ce test de personnalité a été écrit par Philippe Bihouix, que je remercie, il est est issu de la note Quels choix technologiques pour une société durable ?. Je t’invite d’ailleurs à la lire car c’est une mine d’or. J’espère que ce test t’aidera et aidera un de tes proches à se situer l’avenir, si tu veux me soutenir, faire vivre ce site et participer à la diffusion de la démarche Low-tech, tu as la possibilité de partager ce test et/ou me soutenir sur buymeacoffee ou tipeee.

Je t’invite aussi à utiliser le hashtag #Lowtech dans ta bio sur les réseaux sociaux, cela permettra de diffuser la démarche Low-tech, et aidera sans conteste à sauver des vies. Merci !

Émilien Bournigal
Bonjour ! Moi, c’est Émilien. Particulièrement intéressé par les discours de Philippe Bihouix , Arthur Keller, Agnès Sinaï , Jean-Marc Jancovici ainsi que par les écrits de Lewis Mumford, je crois en l'avenir de la ville Low-tech (vivante, frugale et résiliente), elle est d'ailleurs la motivation principale de ma reprise d'études en urbanisme et résilience territoriale. Mes articles seront régulièrement mis à jour au grès de de mes échanges avec les acteurs de la démarche Low-tech, de ma progression en rédaction, ainsi qu'au grès de ma réflexion (je débute). N'hésite pas à venir me parler sur Linkedin et à consulter le bas page "à propos" pour en savoir plus. Merci

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